لهب....لهب....لبنان صيفك لهب         حجر أحراش الجنوب....لهب         البقاع أخضرك ويابسك لهب       إلا   ....  إلا رجالك…. من عجب             عجب ....  عجب  …لبنان  عجب

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Les assises de l’humanité de l’humain

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Par Mohamed Lamine Trifi (novembre 2003)

Docteur en psychologie, Psychologue, Psychanalyste (TUNISIE)

L’idéologie scientifique, refuse de voir dans le sujet humain autre chose qu’un contenant  purement organique  et un contenu culturel. Le contenant est hérité de la lignée et le contenu est le fait  de l’interaction entre l’environnement et le contenu organique.

Cette vision de l’humain n’est pas le fait du hasard. Elle est l’aboutissement logique d’une démarche  méthodique  commencée avec la rupture avec l’église et l’ oppression qu’elle exerçait sur l’intelligence humaine et couronnée par le triomphe de la théorie de l’évolution et le behaviourisme en mode d’emploi , dans le but  de dresser le sujet déshumanisé. Et depuis, tout a été fait pour cloisonner l’intelligence, en lui traçant des « guides-lignes » infranchissables … dépassant ainsi l’oppression de l’église en son temps.

La psychanalyse  est la première à franchir ces limites en ouvrant une brèche dans cette construction en montrant que l’humain n’est pas totalement dans «  je pense donc je suis » , mais il est presque totalement ailleurs , en désignant cet ailleurs par l « Inconscient ». Cet Inconscient est défini comme le refoulé, en tant que en gros, ce que l’éducation (la culture) a écrasé de l’instinct humain.  Ainsi elle a fait de l’instinct le représentant ou plutôt le réservoir de l’humanité de l’humain avec un seul et unique porte parole le langage. Ainsi le langage devient le versant intelligible de l’instinct. Autrement dit  le langage est érigé comme la bible  d’un dieu unique l’instinct.

Alors l’instinct dont  parle  la psychanalyse est -il différent de celui des comportementalistes et à leur tête les behaviouristes? Et, comme tout le monde le sait ces derniers font de lui la pierre angulaire de l’humanité de l’humain? Pour la psychanalyse le sujet humain est  le fait du langage et rien d’autre. Autrement dit tout commence avec le langage et se termine en lui/avec lui. Et c’est là le piège, à mon sens,  La preuve c’est ce que nous vivons de nos jours; Comme par le passé les gens ont fui la parole « divine » de l’église , ils fuient , de la même manière aujourd’hui, le discours politique qui devient comme disait Marx l’opium du peuple, et puisque l’opium n’est pas une drogue dure, les gens l’ont fui pour des vrais drogues dures… Même  chose pour la culture qui devient un jargon universitaire renfermé sur lui même qui n’ « amuse » plus les foules. De la même manière ni la parole de l’analysé ni celle de l’analyste  n’ont plus de portée en dehors du divan… que celle d’un chaman ou d’un illuminé quelconque qui parle des vertus de la sorcellerie  ou de la magie…  Ainsi l’intelligence humaine est induite dans un labyrinthe dont les seules issues, comme nous le voyons aujourd’hui, une violence démesurée avec ses corollaires.. de drogue.. d’alcool .. de désarroi généralisé.. et une inflation extraordinaire dans le nombre des utilisateurs des psychotropes. Sans que de l’autre coté l’Inconscient de la psychanalyse, comme je viens de le dire,  ne propose une solution qui donne de l’espoir à l’humain de trouver une sortie de son enlisement. Alors la solution ? La solution n’est pas forcément dans le retour aux vielles recettes. La solution réside dans le retour calme et serein à tout ce que a été évacué arbitrairement par l’intolérance des idéologies, des écoles et des philosophies etc.… pou refaire apparaître ce que a été évacué arbitrairement des dimensions de l’humanité de l’homme.

La psychanalyse naissante ne pouvait pas aller plus loin dans la compréhension de cette nature,  de cet « Ailleurs »  dont j’ai parlé tout à l’heure. Elle a juste débroussaillé le chemin ; c’est ce qui explique sa focalisation sur l’intégration dans un  discours déimaginarisé et désacralisé de l’être. Car n’oublions pas que c’est la pathologie qui a conduit la psychanalyse à ses découvertes… Découverte des deux lois  fondamentales de cette intégration: Le Complexe d’Œdipe, qui consiste en gros  à couper le cordon ombilical entre la mère et son fils afin de lui permettre de se reconnaître en dehors de son attraction imaginaire. Cette nécessité met l’enfant devant l’autorité libératrice qu’il doit affronter pour s’affranchir de sa tutelle  et occuper la place que le société lui désigne comme lieu de son épanouissement.

Tout cela reste vrai… mais il ne répond pas à l’attente de savoir si la nature humaine  n’est autre chose que la dimension sociale qui est elle même l’expression de ses instincts à travers le langage ?

Avec mon premier article j’ai essayé de démontrer la confusion qui existe entre l’Etre Humain et le sujet humain (être culturel) et comment cette confusion peut-elle être très dangereuse pour l’identité humaine ; et que le langage ne pouvait pas être ni le modèle ni la référence  de cette identité bien qu’il est vrai il reste le meilleur garant à cet  accès …

Apres avoir parlé, dans mon premier article, de la genèse de cette identité  je repère aujourd’hui ses assises. Comme je l’ai rappelé, la psychanalyse pour la cause de ses objectifs a retenu comme signifiant de cette socialisation le « Moi » de l’énoncé, en passant  sous silence son signifié  le «  Je » de l’énonciation réduisant ainsi le «  Moi »  à une chimère plus qu’à une réa lité. La difficulté pour la psychanalyse qu’elle ne pouvait pas trouver un « ailleurs » à son « Ailleurs » qui est l’Inconscient. Pourquoi ? Parce que le « Je » est passé sous la barre et  il est de ce fait  hors de la portée du langage, et comme tout le monde sait la psychanalyse ne travaille que sur le langage… Et pourtant la solution réside là effectivement… trouver un « Ailleurs » à l’Inconscient de la psychanalyse.

En réalité le «  Moi »  est la projection «  humaine »  du Sujet de l’énonciation. Et grâce à  ce « Sujet » que l’humain accède à son humanité et au langage la voie  de sa socialisation.

Reste l’autre  question comment le «  Moi » peut-il véhiculer  le langage et être en même temps structuré par lui ? Parce que les deux structures (le Moi et le langage) obéissent à la même logique fondatrice. Les deux sont la projection du « Je «  de l’énonciation. Les deux structures sont complémentaires, ne pouvant se passer l’une de l’autre ni ne pouvant exister l’une sans l’autre. Structurale -ment les deux structures obéissent aux mêmes lois et à la tête de ses lois la loi du genre: male et femelle d’un coté et masculin et féminin de l’autre. Mais les lois les plus in équivoques sont celles du langage. Elles sont immuables au dessus de toute confusion  ce qui n’est pas le cas pour le genre humain.

L’humain est hybride par essence. Car, comme chacun le sait, ni le male n’est totalement male ni la femelle n’est totalement femelle. Le male est male avec une petite dose  de féminité  et la femelle est femelle avec une petite dose de masculinité. Autrement dit (XX et XY)est une construction qui ne correspond pas à la réalité. Pour qu’elle colle à la réalité il faudrait l’écrire pour le male (XX +xy) et pour la femelle (XY+ xx). Alors que le langage est à l’abri de cette

Confusion… il y a le féminin d’un coté, le masculin de l’autre et parfois dans certaines langues le neutre. Dans la réalité comment cela se passe-il pour le sujet humain ? Quand les choses se passent sainement, ce qui est très rare de nos jours, le male hérite sa masculinité de son père, je parle de son  (XY) et sa petite part de féminité de (XX) de sa mère ; et la femelle prend l’original de sa féminité, son (XX) de sa mère  et son complément (XY) de son père. Mais pour des raisons subjectives  propre à chacun des parents ce schéma est totalement perturbé et il en résulte : Le male prend l‘original de sa masculinité de l’image de la masculinité de sa mère (La fameuse petite dose de xy) et  la femelle  prend sa féminité de la petite dose xx de son père… Ainsi l’équilibre, sur lequel est bâti notre humanité, est rompu… ET la psychanalyse croit pouvoir le « remodeler » en enserrant le sujet dans la structure langagière et sociale, comme référence, à défaut  de le réinsérer dans sa lignée….